Il a été pratiqué une revue rétrospective des données colligées prospectivement de 1999 à 2010, analysant les résultats après segmentectomie anatomique (n=305 patients) pour les stades IA (n=187 patients) ou IB (n=118 patients) en traitement d'un CBPNPC. Une lobectomie a été effectuée chez 594 patients au stade IA (n=290 patients) et IB (n= 304 patients) au cours de la même période. La segmentectomie a été associée à des complications (43.7% vs 58.7%) et une mortalité (0% vs 7.8%) réduites par rapport aux lobectomies chez les patients de plus de 80 ans, sans différence en ce qui concerne le nombre de rechutes. Il n'y a pas eu de différence dans les groupes d'âge plus jeunes concernant les complications ou la mortalité. L'absence de rechute a été semblable entre patients ayant eu une segmentectomie ou une lobectomie pour un stade IA. Une survie sans rechute réduite a été observée après segmentectomie pour les tumeurs au stade IB, particulièrement en cas d'extension à la plèvre viscérale (moyenne 22.7 vs 29.6 mois, p= 0.048). Il est conclu que la segmentectomie semble être une approche raisonnable contre les CBPNPC débutants pour les patients de 80 ans ou plus du fait d'une morbidité et mortalité réduite avec un temps libre de rechute équivalent. Bien qu'une survie équivalente ait été notée dans tous les groupes d'âge au stade IA, les résultats renforcent l'indication d'une lobectomie dans tous les cas pour réséquer les tumeurs au stade IB.
Publié par Krespinele 12/05/2012 14:14:54 (3 lectures)
Utilité des biopsies ganglionnaires guidées par échographie endobronchique (EBUS-TBNA) pour les patients souffrant de cancer bronchopulmonaire non à petites cellules (CBPNPC).
Lee B.E. et al. J Thorac Cardiovasc Surg; 2012; 143; 3: 585-590.
Pour déterminer l'intérêt de l'EBUS-TBNA dans l'évaluation de la diffusion médiastinal des CBPNPC, 73 patients ont eu un total de 140 biopsies au niveau de différentes localisations ganglionnaires du médiastin par EBUS-TBNA. Sur ces 73 patients, 30 ont eu des résultats biopsiques bénins et ont bénéficié d'une résection chirurgicale. L'un d'eux s'est révélé avoir une atteinte N2. Des patients restants, 42 avaient des résultats positifs et 1 patient avait des biopsies non concluantes, la malignité ayant été confirmée par médiastinoscopie. La médiastinoscopie devait modifier le stade tumoral et le protocole thérapeutique chez seulement 2 des 73 patients (2.7%). Globalement, l'EBUS-TBNA avait une sensibilité de 95%, une spécificité de 100% une valeur prédictive négative de 94% et une fiabilité de 97%. Au total, l'EBUS-TBNA pourrait être une option diagnostique fiable pour la plupart des patients souffrant de CBPNPC pour qui l'évaluation histologique du médiastin est nécessaire. Les taux de non diagnostic et de faux négatifs par EBUS-TBNA sont bas, les petits ganglions infra centimétriques pourraient être biopsiés de façon routinière et la plupart des patients présentant un médiastin suspect en imagerie ont eu ainsi la confirmation d'une atteinte pathologique.
(Commentaire: Vive l’EBUS-TBNA dans le CBPNPC CQFD)
Les résultats cliniques et microbiologiques du traitement éradicateur après infection initiale par P. aeruginosa ont été étudiés rétrospectivement chez 30 patients avec un suivi moyen de 26.4 mois. Le traitement à visée éradication a inclus des antibiotiques IV (n=12), des antibiotiques IV suivis par Ciprofloxacine orale (n=13) ou par Ciprofloxacine orale seule (n=5) associé à 3 mois de Colistine nébulisée. Le Pseudomonas a été initialement éradiqué des expectorations chez 24 patients (n=80%). 13/24 patients sont restés sans Pseudomonas et 11/24 ont été ultérieurement réinfectés (temps moyen: 6.2 mois). La fréquence des exacerbations a été significativement réduite de 3.93/an avant éradication à 2.09/an après éradication. Les taux d'hospitalisation ont été semblables à 0.39/an avant et 0.29 après éradication. 2/30 patients ont rapporté des améliorations cliniques initiales, tandis qu'à un an de suivi, 19/21 s'amélioraient encore ou restaient stables. La fonction pulmonaire a été inchangée. En conclusion, il est montré que le Pseudomonas peut être éradiqué chez un fort pourcentage de patients ce qui peut conduire à une clairance prolongée et des taux d'exacerbations réduites. Ce résultat important nécessite confirmation par une étude prospective.
(Commentaire: comme quoi le Pseudomonas n'est pas une pseudo menace)
L'étiologie des anomalies fixant le 18FDG lors du restaging par TEP/TDM chez les patients qui ont eu une bonne réponse de la chimiothérapie d'induction pour tumeur primitive avec diffusion ganglionnaire a été étudiée chez 31 patients souffrant de cancer bronchopulmonaire non à petites cellules (CBPNPC) au stade III. Le restaging par TEP/TDM a objectivé une nouvelle atteinte fixant le 18FDG chez 6 des 31 patients (20%). Le stade initial de la maladie était IIAN2 chez 4 et IIIBT4 chez 2 patients. Le SUVmax de la tumeur primitive et au niveau des ganglions médiastinaux initialement envahis a diminué après traitement d'induction chez tous les patients. Les nouvelles fixations de la TEP/TDM étaient localisées dans les ganglions cervicaux ipsilatéraux chez 2 patients, dans les ganglions médiastinaux controlatéraux chez 1 patient et dans les ganglions mammaires ipsilatéraux chez 1 patient.. Deux patients présentaient une lésion dans le poumon controlatéral. Les infiltrats ganglionnaires malins ont été exclus après ponction à l'aiguille fine, biopsie chirurgicale ou suivi par TEP/TDM. Les lésions pulmonaires controlatérales étaient diagnostiquées comme bénignes après mini thoracotomie et résection pulmonaire en wedge. Il est conclu que les nouvelles lésions fixant le 18FDG au restaging par TEP/TDM après chimiothérapie d'induction contre un CBPNPC ne sont pas rares chez les bons répondeurs à la chimiothérapie. Toutes ces atteintes ne sont pas associées à la malignité.
(Commentaire: on peut donc dire « quand sert la TEP/DM » ?)
55 enfants souffrant d'asthme sévère ont a été inclus pour rechercher si l'examen périodique et le contrôle des éosinophiles dans les expectorations permettraient une réduction significative des exacerbations. Ces enfants ont été randomisés entre un groupe avec une stratégie de prise en charge basée sur les symptômes et un groupe avec une stratégie basée sur l'inflammation, principalement les éosinophiles de l'expectoration, avec un suivi tous les 3 mois sur une période d'un an. Les taux annuels d'exacerbations totales et d'exacerbations majeures (prise de corticoïdes per os) ont été significativement moindres dans le groupe avec une prise en charge basée sur l'inflammation par rapport à l'autre groupe (respectivement 3.6 vs 4.8, rapport du taux d'incidence: 0.75 et 1.04 vs 2.7, rapport du taux d'incidence: 0.73). Significativement moins de sujets du groupe prise en charge de l'inflammation ont souffert d'exacerbations dans les 28 jours des visites de l'étude. Il est apparu une petite différence non significative dans les mesures du contrôle de l'asthme (jours sans symptômes et prise de bêta-agonistes de courte durée d'action) en faveur du groupe prise en charge selon l'inflammation. Il n'y a pas eu de différence significative en ce qui concerne les doses prises de corticoïdes inhalées toute la durée de l'étude. Il est conclu qu'incorporer le contrôle des éosinophiles de l'expectoration dans l'algorithme de prise en charge ne réduit pas significativement les exacerbations globales ni n'améliore le contrôle de l'asthme. Les exacerbations ont été réduites à court terme suggérant que des mesures plus fréquentes seraient nécessaires pour un effet cliniquement utile et que le contrôle de l'inflammation peut avoir un rôle à jouer dans ce sous groupe de patients souffrant d'asthme sévère.
(Commentaire: il est aussi important de savoir ce qu’il ne faut pas faire que de savoir ce qu’il faut faire)