Publié par BENTALEBle 06/02/2012 18:00:00 (12 lectures)
Constatant qu’un sous-groupe d’asthmatiques n’ont pas d’éosinophilie des voies aériennes, alors qu’elle est considérée comme typique de l’asthme, les auteurs californiens du NIH ( K.W.Mc Grath AJRCCM 2012 20 January in press) ont voulu savoir la taille et les caractéristiques de ce groupe, en analysant et de façon répétée la cytologie de l’expectoration de ces sujets .
Les observations de 31 patients ayant bénéficié de 33 résections pulmonaires en traitement de bronchectasies localisées de 1991 à 2009 ont été revues. La moyenne d’âge était de 54 ans, 29 patients (94%) étaient des femmes, 21 patients (68%) souffraient de mycobactérioses atypiques et 22 patients (71%) prenaient un traitement pluri médicamenteux contenant la clarithromycine. Cinq patients (16%) étaient immunodéprimés. La morbidité et la mortalité opératoire ont été respectivement de 18% et 0%. Tous les patients sont devenus asymptomatiques en postopératoire. Au cours du suivi moyen de 48 mois (11-216 mois), 8 patients (26%) ont souffert de rechute et l’intervalle moyen sans rechute a été de 34 mois (3 à 216). En analyse univariée, une immunodépression (p=0.017), une infection à Pseudomonas aeruginosa (p=0.040), l’importance de l’étendue des bronchectasies (p=0.013) et l’étendue des bronchectasies résiduelles après chirurgie (p= 0.003) ont été significativement associés au plus court intervalle de temps sans rechute. En analyse multivariée, une immunodépression (p=0.039), une infection à Pseudomonas aeruginosa (p=0.033) et l’étendue des bronchectasies résiduelles (p=0.009) ont été des facteurs pronostiques indépendants et significatifs. En conclusion, une résection complète des bronchectasies quand l’atteinte est localisée et sans infection à Pseudomonas aeruginosa est la clé du succès. Il est également suggéré que l’immunodépression est un facteur de risque.
Pour tester l’hypothèse selon laquelle l’acétazolamide améliore l’hypoxémie, le sommeil et les troubles respiratoires chez les patients souffrant de SAOS non traités vivant en altitude, 45 patients avec SAOS sous PPC à long terme d’âge moyen 64 ans habitant à moins de 600m ont été inclus dans cette étude en alternant périodes de prise de médicaments et séjour en altitude (490m – 1 860 m et 2 500m). Les patients ont séjourné pendant 2 périodes de 3 jours en altitude et une période de 2 semaines à moins de 600m. En altitude les patients arrêtaient la PPC et prenaient l’acétazolamide à raison de 250mgx2/jour ou un placebo. Á 490m, sans PPC, la SaO2 nocturne moyenne a été de 93% et l’IAH de 51.2/heure. Avec le placebo à 1 860m et 2 500m les valeurs correspondantes ont été respectivement de SaO2 89% et 85% et IAH : 63.6/heure – 86.2/heure vs 490m. Sous acétazolamide à 1 860 et 2 590m la SaO2 a été plus élevée (91% et 88%) et les IAH moindres (48/heure et 61.4/heure) par rapport au placebo. L’acétazolamide a diminué la PaCO2 nocturne transcutanée, amélioré l’efficacité du sommeil et l’insomnie subjective et prévenu les élévations excessives de la PA. Il est conclu que chez les patients souffrant de SAOS arrêtant leur PPC lors de séjours en altitude, l’acétazolamide améliore l’oxygénation, les troubles respiratoires et la qualité du sommeil par stimulation de la ventilation. Par conséquent, les patients souffrant de SAOS peuvent bénéficier de l’acétazolamide en altitude si la PPC n’est pas réalisable.
(Commentaire : et en plus Diamox ce n’est pas cher)
La relation entre consommation d’alcool et risque de pneumonie a été recherchée sur une période de 12 ans chez 22 485 hommes et 24 682 femmes âgés de 50-64 ans, en bonne santé. 1091 hommes et 944 femmes ont eu une hospitalisation pour pneumonie. Parmi les hommes, le risque de pneumonie a été augmenté chez les sujets abstinents et ceux qui ont consommé une grande quantité d’alcool hebdomadaire. L’HR ajusté pour 0.7-20, 21-34, 35-50 et >50 prises d’alcool par semaine a été respectivement de 1.49, 0.88, 0.87, 1.15 et 1.81 par rapport à 1-6 consommations par semaine. L’association entre forte consommation d’alcool et pneumonie a persisté après contrôle des maladies chroniques ultérieures. Parmi les femmes, l’HR pour 0.7-20, 21-35 et >35 consommations par semaine a été respectivement de 1.26, 1.01, 1.10 et 0.54. Pour une même quantité forte à modérée d’alcool hebdomadaire, la consommation peu fréquente d’alcool a conduit dans les 2 sexes, à un plus fort risque de pneumonie par rapport à la consommation régulière d’alcool. En conclusion, la consommation modérée d’alcool n’est pas associée à un risque augmenté d’hospitalisation pour pneumonie. Une forte consommation quotidienne d’alcool chez l’homme, et les consommations abusives dans les 2 sexes peuvent augmenter le risque de pneumonie.
Une analyse rétrospective de cohorte a été effectuée dans le but de clarifier si les bénéfices de la prise de Tiotropium se maintenaient quand le produit était utilisé en association avec des CI et des bêta2-LA. Un total de 1 857 patients a bénéficié d’une trithérapie avec CI- bêta2-LA et Tiotropium, et 996 ont été traité par CI et bêta2-LA. Le suivi moyen a été de 4.65 ans. Le HR ajusté sur la mortalité toutes causes dans le groupe avec Tiotropium vs sans Tiotropium a été de 0.65. Le HR ajusté sur les hospitalisations et la prise de corticoïdes oraux a été respectivement de 0.85 et 0.71. Cette étude suggère que l’addition de Tiotropium aux CI et bêta2-LA peut apporter un bénéfice en réduisant la mortalité toutes causes, les hospitalisations et la prise aiguë de corticoïdes oraux chez les patients BPCO. La trithérapie est largement utilisée dans la prise en charge en pratique quotidienne des BPCO avec des preuves scientifiques limitées. Cette étude renforce l’intérêt de l’indication d’une trithérapie dans les BPCO et fournit une base pour des études randomisées contre placebo ciblant spécifiquement ce domaine.
(Commentaire : pas de conflit d’intérêt comme les avocats quand ils défendent un client ?)